J’ai récemment travaillé sur un exercice de coaching assez particulier. C’est un coaching orienté sur les “forces”.

J’ai fait l’exercice pour moi, dans le cadre d’un programme de coaching dont je fais partie.

L’approche m’a semblé assez enthousiasmante.

il y a cette idée que les changements de comportement sont plus efficaces quand on se focalise de manière exclusive sur l’amélioration de nos forces intrinsèques, au lieu de traiter les faiblesses.

Ou vouloir dompter ses faiblesses.

Ces faiblesses deviennent des “challenges” ou des “opportunités”.

Je suis sûre que si vous évoluez dans un milieu Corporate, vous avez sûrement entendu ce changement de vocabulaire ces dernières années.

Chez les managers, on ne fait plus de retour négatif aux personnes mais on leur propose des “pistes d’amélioration”.

C’est en somme un développement basé sur les forces, où l’on identifie les faiblesses pour les améliorer.

Toute l’idée (qui nous vient du courant de la psychologie positive) se base sur le fait de regarder les faiblesses dans un contexte où l’on connaît bien les forces.

En d’autres termes, il ne s’agit pas d’ignorer les faiblesses mais de bien se focaliser sur les forces, d’abord.

Magnifique.

C’est assez séduisant comme ça.

Mais vous me connaissez ! Je n’allais pas m’arrêter là.

Le problème que je vois est quand on se focalise et on persévère dans le développement de nos forces, elles peuvent vite se transformer en faiblesses.

Mais avant de développer ce problème, je vais donner les éléments-clés pour développer ses forces.

Vous allez comprendre pourquoi.

La démarche avec le mouvement basé sur les forces se base sur plusieurs étapes.

D’abord, grâce à une bonne connaissance de nos forces, on développe une conscience de soi et des faiblesses que l’on a. 

ça nous permet de sortir du dogme du perfectionnisme ou du moins prendre du recul.

Et ça débarrasse, dans une certaine mesure, de l’attachement à la validation extérieure.

Je connais bien mes forces, j’ai conscience de mes faiblesses. 

Je n’ai plus besoin de montrer ma perfection ou attendre que tout le monde soit content de moi.

Du moins, en théorie.

Ensuite, cette prise de conscience ouvre la porte à une prise de responsabilité vis à vis des faiblesses.

En quelque sorte, je sais et j’assume que j’ai ce point particulier qui est une faiblesse.

Et toute la démarche de ce mouvement appuyé par la psychologie positive est créer un état d’équilibre entre forces et faiblesses.

Il pousse donc à aller toujours plus loin pour “gérer” les faiblesses.

Ou les transformer.

Et toujours dans un but d’augmenter la motivation, la productivité, la confiance en soi etc.

Vous voyez où nous allons ?

Si nous vivons l’expérience humaine dans sa globalité, à chaque force il y a une part de faiblesse pour contre-balancer.

S’il y a un non-alignement ou un déséquilibre dans le développement des forces, on en fait une faiblesse.

Pensez à une personne persistante ou persévérante.

C’est en général une force qui va la pousser aussi bien au travail que dans la vie à développer beaucoup de choses intéressantes avec une grande endurance.

Mais cette endurance poussée à l’extrême peut se transformer en attitude de victimisation ou même martyrisation.

Le discours de ces personnes va ressembler à :

“ je fais tout ici”

“si je ne fais pas tout moi-même, rien n’est fait”

Un autre exemple, ce sont les personnes disciplinées. Elles arrivent à l’heure, respectent leurs engagements, font les choses comme on leur dit de les faire.

Et cette discipline peut se transformer en une sorte d’inflexibilité de caractère qui peut avoir l’impact complètement inverse.

Avant de vous laisser, voici la piste de réflexion pour la semaine 

Quand on sur-utilise nos forces, elles deviennent toxiques pour nous et pour les autres.

Par exemple, quelqu’un de consciencieux et qui a le souci du détail se transformera en perfectionniste obssessif et son attitude devient contre-productive. 

La confiance devient excès de confiance et arrogance. 

L’ambition se transforme en avidité. 

Et l’imagination, la créativité en une forme d’excentricité

Bien sûr, ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. 

Si vous focaliser sur vos forces, vous aide à vous développer et améliorer d’une manière générale votre bien-être, je vous recommande l’exercice.

Mais le problème est réel quand vous l’utilisez contre vous-mêmes, ou contre les autres, pour plus de performance, de productivité ou d’efficience.

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