Aujourd’hui, nous parlons de l’injonction à la bienveillance.

Avez-vous entendu parler de l’éducation bienveillante ? 

Ou bien Management bienveillant ?

Cette injonction à la bienveillance suscite une forme de culpabilité quand on n’y arrive pas mais interroge aussi la notion même de bienveillance, servie à toutes les sauces.

Je vais vous raconter mon expérience avec cette injonction à la bienveillance… éducative.

Quand mon fils aîné était dans la petite enfance, j’écoutais les gourous de l’éducation bienveillante (qui a depuis porté plusieurs noms : positive, consciente bref)

Et Il y avait des jours avec et des jours sans.

Vous vous en doutez, je vais vous parler de ces jours sans.

arce que l’injonction à la bienveillance  peut parfois sembler moralisatrice.

La question à se  poser est … Comment une attitude  humaniste peut devenir une contrainte ?

Je suis certaine que cela arrive à beaucoup de parents, j’avais cette voix aiguë d’une psychologue connue, qui martelait dans ma tête tous ses messages culpabilisants.

Jusqu’à ce que je comprenne une chose.

En réalité, le problème n’était pas ma bienveillance qui faisait défaut.

Ce sont juste mes limites qui étaient atteintes.

La bienveillance, une valeur ou contrainte ?

L’injonction à la bienveillance  peut parfois sembler moralisatrice.

La question à se  poser est … Comment une attitude  humaniste peut devenir une contrainte ? 

Certes, nous vivons dans un monde assez bipolaire et contradictoire. 

On oppose souvent l’autorité à la bienveillance. 

Et les contours entre les deux notions sont flous.

C’est assez difficile parfois même culpabilisant de désapprendre certains  réflexes éducatifs ou de management.

Aussi il y a cette  croyance sur ce que devrait être une relation parent/enfant ou employeur/employé.

Il s’agit d’une vision verticale où l’on attend des uns de répondre aux exigences ou contraintes des autres.

Et il n’y a pas de secret, lorsqu’on situe à un niveau d’égalité, d’altérité sans conditions et sans attentes d’obéissance.

Mais il s’agit de coopération et d’entraide.

On arrive à rester dans la bienveillance.

Dans ma parentalité, j’ai arrêté de voir ces moments qui ne collaient pas à l’injonction à être bienveillante en toute circonstance (vous savez  comme dans les recettes des livres d’éducation) comme des signaux indiquent que j’avais besoin de me reposer, de dormir plus ou de me faire aider.

La bienveillance, comme valeur humaine, est une valeur qui me guide. Une de mes meilleures amies m’avait dit un jour que j’étais intransigeante avec la bienveillance.

C’est vrai !

Un épisode de podcast particulier

C’est la raison pour laquelle cet épisode du podcast est une sorte de “stretching” intellectuel pour moi.

Le problème avec l’injonction à la bienveillance se situe à un niveau très subtil.

Un niveau dans lequel  on fait de la bienveillance un objectif de performance.

On s’écarte d’une valeur humaniste.

Elle devient non pas une valeur qui permet de traiter humainement ses enfants, collaborateurs, les autres humains.

La bienveillance ne se focalise pas au niveau de la relation mais sur le résultat attendu de cette relation.

Il est indéniable que la bienveillance active une certaine chimie dans le cerveau, qu’elle solidifie les liens et crée des passerelles.

Il est même certain que, quand on traite les autres humains avec bienveillance, on leur évite une production d’hormones du stress. 

Choisir la bienveillance c’est choisir une relation gagnant-gagnant, un cercle vertueux.

On le sait, éduquer ou manager par le stress, créent quant à eux un cercle vicieux où stress, anxiété, décrochage, burnout sont garantis.

Mais, faut-il pratiquer la bienveillance pour obtenir des résultats ? Pour être performant ou performante ? 

Quel est le lien avec le Care ?

Quand je me suis penchée sur la question, j’ai fait une découverte !

Saviez-vous qu’en philosophie, les théoriciens de la bienveillance sont des théoriciennes ?

Car  la notion de bienveillance se rattache à la notion du care issue d’un courant de pensée alternatif né aux USA dans les années 1980 et qui s’intéresse aux personnes en situation de vulnérabilité.

Encore une idée du care, du souci des autres qui seraient exclusivement réservées aux femmes. Encore LE piège idéal pour les femmes !

Et dans le care il y a la notion d’attention mais surtout d’intention.

Alors bien sûr, vous allez vous demander comment choisir une posture bienveillante, dans tous les aspects de votre vie, sans tomber dans le piège de l’attente d’un résultat d’un côté ou de la culpabilité de l’autre.

Et bien, si on part de cet angle du Care, le choix de la bienveillance est celui du self-care !

Être bienveillante avec soi-même avant de vouloir l’être avec les autres.

Examiner ses propres discours internes.

Se parler et se traiter soi-même avec bienveillance. 

Cela peut paraître contre-intuitif mais c’est la seule voie possible. Le reste en découle.

Avant de vous laisser, voici la piste de réflexion pour la semaine

Comme l’amour, la bienveillance mérite d’être inconditionnelle, sans attentes.

Elle mérite de guider nos actions car c’est une belle valeur humaine. 

Elle n’a pas vocation à attendre une forme de performance, un résultat à plus ou moins long terme. 

Pratiquer la bienveillance d’abord avec soi-même est La seule voie qui valorise les humains, qui s’adresse à leur humanité, qui les respecte.

Je dirais même que c’est ce qui nous aidera à relever les défis sociétaux.

Ah et une dernière chose, je souhaite dédicacer cet épisode à une superfan du podcast. Elle s’appelle Céline. 

Lors d’un de nos nombreux échanges, Céline qui connaît mon intransigeance avec la bienveillance m’a challengé à parler de l’injonction à la bienveillance. 

Donc, un clin d’oeil à Céline, j’espère que le défi est relevé !

Et si vous aussi, comme Céline, vous souhaitez que j’aborde un sujet particulier sur le podcast, n’hésitez pas à venir me le dire sur Instagram ou en commentaire sous les notes de l’épisode sur boom.sophrolab.com

Je vous mets tous ces liens dans les notes de l’épisode.

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