Je pense beaucoup en ce moment au concept de résilience.

Avec les dernières inondations mortelles en Europe. Avec la crise sanitaire en cours. On entend partout des appels à la résilience.

Au moment où j’enregistre cet épisode, une loi nommée “Climat et résilience” vient d’être votée en France.

Mais je suis sûre aussi que dans le monde de l’entreprise, la résilience est une qualité qu’on vous demande d’avoir.

Mais qu’est-ce que la résilience, me diriez-vous ?

La moindre des choses, c’est de vous présenter un peu ce concept.

En sciences physiques, la résilience d’un matériau est sa capacité de résister aux chocs/déformations.

Petit à petit, ce terme est devenu applicable aux humains, pour devenir une sorte de capacité d’une personne de résister aux coups durs de la vie.

Le terme a été utilisé en psychologie de l’attachement et est devenu célèbre en France par l’ethnologue, psychanalyste et neuropsychiatre Boris Cyrulnik.

Mais l’idée de la résilience  est devenue ces dernières années un peu cette injonction d’accepter le malheur parce qu’il nous rend plus fort.

Tout le monde, d’ailleurs, connaît cette fameuse expression de Nietzsche : ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort !

Une invitation à la quête de sens dans nos traumatismes.

Un peu cette idée de sortir plus fort ou plus forte et de voir le bien derrière le mal qui nous arrive.

Mais est-ce qu’une épreuve négative, qui fait partie de notre expérience humaine (indéniablement) peut vraiment contribuer à notre bien-être futur ?

Si vous connaissez quelqu’un qui traverse une période difficile, n’allez pas lui dire qu’il ou elle en sortira plus fort.e.

Et ça risque d’être très violent.

Bien sûr, savoir qu’on peut sortir plus fort ou forte d’une épreuve que la vie nous envoie est plutôt rassurant.

Mais comment accepter que le négatif ait une utilité ?

Sois résilient ou résiliente devient une injonction insupportable.

Voici la réalité.

Quel que soit le traumatisme traversé, quelle que soit l’épreuve de la vie, peu importe son ampleur, vous allez passer par une phase où vous vous sentez vulnérable. 

Une phase où votre bien-être général va être  altéré.

Vous appeler à la résilience va au mieux avoir l’effet inverse et créer d’autres émotions.

Mais aucune résilience n’est possible aussi, si on reste à tourner en rond avec ses pensées.

Même les personnes qui ont des capacités d’adaptation fortes ou une vie intérieure riche ont besoin de passer par cette phase de vulnérabilité.

Une phase où l’on vit ses émotions négatives. Où l’on accepte de les ressentir.

parce que “deviens résilient ou résiliente” est un peu comme “détends-toi”, ça ne marche pas.

La résilience n’effacera jamais le traumatisme.

Certains traumatismes restent même ancrés en soi malgré la capacité à la résilience.

Mais la capacité à la résilience permet d’aller de l’avant, de supporter.

Avant de vous laisser, voici la piste de réflexion pour la semaine 

L’épreuve du négatif fait partie de l’expérience humaine. 

Et la résilience ne peut se développer qu’avec les autres.

Que ce soit avec un ou une professionnelle de l’accompagnement ou en créant des liens avec les autres.

C’est comme ça qu’elle devient une qualité, une capacité et une confiance que vous pouvez surmonter peu importe ce que la vie vous envoie.

La résilience devient confiance.

Vous pouvez aussi écouter les épisodes sur le succès et l’échec.

Et lire l’article sur le blog : Comment se focaliser sur ses forces malgré les difficultés

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